Faits d'hiver : protéger son cheval pendant la saison froide
Le cheval supporte bien mieux le froid que la chaleur : en dessous de 0 °C, un cheval sain, poilu et nourri en fourrage à volonté est parfaitement à son aise. Les vrais dangers de l'hiver sont ailleurs : humidité, écuries confinées, parasites externes et surveillance relâchée.
Le poil d'hiver, allié et cachette
Le long poil d'hiver isole remarquablement, mais il héberge aussi les parasites les plus tenaces de la saison : les poux, qui provoquent démangeaisons, dépilations et amaigrissement, prospèrent dans les pelages denses des chevaux vivant en groupe. Passez la main à rebrousse-poil régulièrement (crinière, base de la queue, encolure) pour repérer poux, lentes, croûtes ou zones dépilées avant qu'elles ne s'étendent. Le poil épais masque aussi les variations d'état corporel : palpez côtes et hanches chaque semaine, ne vous fiez pas à l'œil.
Tondre ou ne pas tondre ?
Un cheval travaillé sérieusement tout l'hiver transpire sous son poil, sèche mal et s'enrhume : la tonte (même partielle, en trace ou en manteau) se justifie alors, à condition de compenser par des couvertures adaptées. Un cheval au repos ou au travail léger n'a besoin ni de tonte ni, le plus souvent, de couverture, sauf sujet âgé, malade ou fraîchement tondu.
L'eau glacée. Un cheval boit moins quand l'eau est très froide, mange davantage de fourrage sec... et le risque de colique de stase grimpe en flèche. Vérifiez les abreuvoirs deux fois par jour, cassez la glace, et proposez si possible une eau tempérée.
L'écurie fermée, fausse bonne idée
Portes closes et fenêtres calfeutrées « pour tenir chaud » transforment l'écurie en chambre à poussière : ammoniac, spores de moisissures et humidité stagnante irritent les voies respiratoires bien plus sûrement que le froid. Un cheval couvert dans un box ventilé se porte mieux qu'un cheval nu dans une écurie confinée. Aérez, curez, et laissez les chevaux sortir par tous les temps ou presque : le mouvement reste le meilleur chauffage.
Adapter la ration quand le froid s'installe
Le chauffage du cheval, c'est la fermentation du fourrage dans son gros intestin. Par grand froid, la meilleure réponse n'est pas d'augmenter les céréales mais de donner davantage de foin : sa digestion produit une chaleur durable qui réchauffe l'animal de l'intérieur. Comptez environ 10 % de fourrage en plus dès que les températures deviennent négatives, et davantage pour un cheval vivant dehors. Surveillez aussi la pierre à sel : un cheval qui mange plus de fourrage sec a besoin de plus de sodium pour bien boire.
Les pieds à l'épreuve de l'hiver
Boue permanente, sols gelés, alternance humide et sec : l'hiver met les sabots à rude épreuve. La pourriture de fourchette, reconnaissable à son odeur caractéristique et à sa corne noire et molle, prospère dans les litières humides et les paddocks boueux : un curage quotidien des pieds reste la meilleure prévention, complété si besoin d'un produit asséchant. Sur sol gelé et bosselé, réduisez les allures vives : les contusions de sole sont l'une des boiteries les plus fréquentes de la saison. Enfin, ne relâchez pas le rythme du maréchal sous prétexte que le cheval travaille moins : la corne pousse aussi en hiver.
Un mot enfin pour les chevaux âgés : l'hiver est leur saison critique. Les articulations raides apprécient les sorties quotidiennes même courtes, la dentition usée impose parfois de passer aux fibres trempées (pulpe de betterave, foin haché), et une couverture devient utile plus tôt que chez un adulte dans la force de l'âge. Un vieux cheval qui aborde décembre en bon état passe presque toujours un bon hiver ; celui qui a maigri en novembre le paiera en février.