Alimentation du cheval : les fondamentaux d'une ration équilibrée
Le cheval est un herbivore conçu pour brouter quinze à dix-huit heures par jour. Son estomac, petit et sécrétant de l'acide en continu, tolère mal les repas rares et copieux. La première règle d'or de l'alimentation équine tient donc en une phrase : du fourrage, souvent, et de l'eau propre à volonté.
Le foin avant tout
Un cheval adulte doit recevoir au minimum 1,5 % de son poids vif en matière sèche de fourrage, soit environ 9 à 12 kg de foin pour un cheval de selle de 500 kg qui ne sort pas au pré. Un foin de bonne qualité se reconnaît à sa couleur verte à jaune paille, son odeur agréable et l'absence de poussière ou de moisissures. Un foin moisi peut déclencher coliques et emphysème.
Les concentrés : un complément, pas une base
Orge, avoine, granulés ou floconnés ne se justifient que si le travail ou l'état du cheval l'exige. Quelques repères simples :
- jamais plus de 2 kg de concentrés par repas pour un cheval de 500 kg ;
- toujours distribuer le fourrage avant les concentrés ;
- fractionner en deux ou trois repas plutôt qu'un seul ;
- toute transition alimentaire s'étale sur une à deux semaines.
Un cheval qui boit peu, mange moins ou se roule après le repas doit être surveillé de près : la colique est la première cause de mortalité chez le cheval. Dans le doute, appelez votre vétérinaire sans attendre.
Sel, minéraux et vitamines
Une pierre à sel à disposition permanente couvre les besoins en sodium de la plupart des chevaux. Les compléments minéraux et vitaminés (CMV) se justifient lorsque la ration repose uniquement sur du foin, souvent pauvre en cuivre, zinc et sélénium selon les régions. Inutile en revanche d'empiler les compléments « miracle » : mieux vaut une ration simple et bien calculée qu'une accumulation de seaux colorés.
Adapter la ration au travail
Un cheval au repos ou au travail léger vit très bien de fourrage et d'un CMV. L'énergie supplémentaire (céréales, huiles) ne s'ajoute que pour un travail régulier et soutenu, et se retire dès que l'activité diminue : un cheval trop riche en énergie et sous-travaillé devient difficile, voire développe fourbure ou syndrome métabolique. Pesez vos rations à la balance de cuisine plutôt qu'« à la louche », et réévaluez l'état corporel de votre cheval chaque mois, la main à plat sur les côtes.
Les aliments à risque ou interdits
Certains aliments n'ont rien à faire dans une mangeoire. Le pain sec, longtemps distribué par habitude, fermente dans l'estomac et favorise coliques et fourbure. Les tontes de gazon sont dangereuses : elles fermentent très vite et peuvent contenir des plantes toxiques hachées, indétectables pour le cheval. Attention aussi aux pommes et carottes en grande quantité (quelques unes par jour suffisent), au chocolat et aux restes de table, et aux céréales non préparées comme le blé. En cas de doute sur un aliment, l'abstention est toujours la meilleure ration.
L'eau, le nutriment oublié
On parle beaucoup de foin et de granulés, rarement du premier nutriment du cheval : l'eau. Un cheval de 500 kg boit 20 à 40 litres par jour, jusqu'à 60 litres en plein été ou en lactation. Une eau souillée, croupie ou trop froide fait chuter la consommation, et avec elle le transit : bien des coliques de stase commencent dans un abreuvoir sale. Nettoyez bacs et abreuvoirs chaque semaine, vérifiez le débit des abreuvoirs automatiques (certains chevaux renoncent si le débit est trop faible) et surveillez la consommation à chaque changement de saison. Un cheval qui boit bien est un cheval qui digère bien.