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Le cheval au pré : une vie saine à condition de bien la gérer

Publié le 22 mai 2026 par la rédaction d'Attention Chevaux
Le cheval au pré : une vie saine à condition de bien la gérer
Un abri, de l'eau propre, des congénères : le trio gagnant de la vie au pré.

Mouvement permanent, fourrage à volonté, vie sociale : le pré offre au cheval tout ce que le box lui retire. Les chevaux vivant dehors présentent moins de coliques, moins de troubles respiratoires et moins de stéréotypies que leurs congénères enfermés. Mais « mettre au pré » ne veut pas dire « oublier » : la vie dehors se gère.

L'installation : clôtures, eau, abri

La clôture idéale est visible, solide et sans pièges : lisses ou rubans électrifiés bien tendus, jamais de barbelés, responsables de plaies désastreuses. Comptez au minimum un hectare pour le premier cheval. L'eau doit être propre et vérifiée quotidiennement : un cheval boit 20 à 40 litres par jour, davantage en été. Enfin, un abri naturel (haies, arbres) ou construit protège moins du froid que du vent, de la pluie et... des insectes d'été.

L'herbe : un aliment qui se surveille

L'herbe jeune du printemps est riche en sucres : introduite brutalement, elle expose à la fourbure, en particulier chez les poneys et les chevaux en surpoids. La mise à l'herbe se fait progressivement, par plages de pâturage croissantes sur deux à trois semaines. À l'inverse, un pré ras en été ne nourrit plus : il faut alors complémenter en foin, sous peine de voir les chevaux maigrir en silence sous leur ventre d'herbe.

Plantes toxiques

Apprenez à reconnaître les indésirables de vos prés : séneçon de Jacob, glands et jeunes pousses de chêne, if, laurier-rose, robinier. L'if est mortel en quelques poignées. Un tour de parcelle au printemps et à l'automne fait partie des soins, au même titre que le pansage.

La surveillance quotidienne

Un cheval au pré se visite tous les jours, même sans le monter : un contrôle visuel de l'état général, des aplombs et des yeux, un coup d'œil aux clôtures et à l'eau. Les membres se vérifient à la main dans l'herbe haute : c'est là que se cachent plaies et engorgements. Et le groupe s'observe : un cheval isolé du troupeau qui reste couché est un signal d'alerte, jamais un détail.

La vie en troupeau, un besoin fondamental

Le cheval est un animal grégaire : vivre seul est pour lui une source de stress chronique, même dans le plus beau des prés. Un compagnon d'espèce est l'idéal ; à défaut, un âne ou un poney font d'excellents partenaires. Les introductions se préparent : laissez les nouveaux venus faire connaissance à travers une clôture pendant quelques jours avant de les réunir, retirez les ferrures postérieures si possible, et prévoyez assez d'espace et de points de nourrissage pour que le dominé puisse toujours s'écarter. Une hiérarchie stable s'installe généralement en quelques jours, ponctuée de menaces plus impressionnantes que dangereuses.

Préparer la parcelle avant l'hiver

Un pré se gère à l'année. À l'automne, faites le tour des clôtures et resserrez ce qui a bougé, élaguez les branches mortes qui pourraient tomber sous le poids de la neige, et identifiez les zones qui se transformeront en bourbier pour y installer si possible une stabilisation (graviers, dalles) autour de l'abreuvoir et du râtelier. Prévoyez l'emplacement du foin d'hiver de façon à pouvoir nourrir sans entrer dans la boue, et gardez si possible une parcelle de repos : une prairie piétinée tout l'hiver mettra des mois à s'en remettre au printemps.

Un dernier point de vigilance saisonnier : l'eau. En été, un bac exposé plein soleil verdit en quelques jours et les chevaux finissent par bouder une eau tiède et chargée d'algues. En hiver, la glace se casse deux fois par jour. Dans les deux cas, la règle est la même : une eau que vous ne boiriez pas vous-même n'est pas une eau pour votre cheval.

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