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Moisissures et mycoses : quand l'humidité s'attaque au cheval

Publié le 3 juillet 2026 par la rédaction d'Attention Chevaux
Moisissures et mycoses : quand l'humidité s'attaque au cheval
Litière humide et box mal ventilé : le terrain idéal pour les champignons.

Chaleur, humidité, matière organique : l'environnement du cheval réunit toutes les conditions pour la prolifération des champignons microscopiques. Ils s'attaquent à la peau du cheval, à ses membres, parfois à ses voies respiratoires via un foin ou une litière moisis.

La teigne, reine des mycoses cutanées

La dermatophytose, ou teigne, se manifeste par des dépilations circulaires, souvent au passage de sangle ou sur la tête, sans démangeaison marquée. Très contagieuse, elle se transmet par contact direct mais aussi par le matériel : tapis, sangles, brosses, couvertures. Un cheval atteint doit avoir son matériel strictement individuel, désinfecté avec un antifongique adapté. Le traitement repose sur des applications locales prescrites par le vétérinaire ; la guérison spontanée existe mais laisse le temps de contaminer toute l'écurie.

La gale de boue, un classique de l'hiver

Malgré son nom, la gale de boue n'est pas une gale : c'est une dermite des paturons causée par un cocktail de bactéries et de champignons qui profitent d'une peau ramollie par l'humidité. Croûtes, crevasses, membres engorgés : le traitement commence par mettre le cheval au sec. Séchez les membres après le travail, coupez les fanons trop fournis, nettoyez sans excès : un savonnage quotidien agressif entretient le problème au lieu de le régler.

Prévention

Un box sec et ventilé, une litière curée régulièrement, un matériel propre et individuel, des membres séchés après la douche : quatre habitudes simples qui suppriment l'essentiel du risque fongique.

Le foin et la litière, sources invisibles

Les moisissures du foin et de la paille ne se voient pas toujours : une odeur de moisi, une poussière blanche qui s'échappe à l'ouverture de la botte doivent alerter. Inhalées quotidiennement, leurs spores entretiennent l'asthme équin (emphysème). Un foin douteux ne se « rattrape » pas en le secouant : il se jette, ou au minimum se trempe dix minutes pour les chevaux sensibles.

En cas de lésions cutanées qui s'étendent, de démangeaisons intenses ou de dépilations multiples, ne multipliez pas les produits de contact : chaque tentative complique le diagnostic. Un raclage cutané chez le vétérinaire identifie le coupable en quelques jours et évite des semaines de tâtonnement.

Désinfecter le matériel et les locaux

Traiter le cheval sans traiter son environnement, c'est repartir pour un tour. Les spores de teigne survivent plusieurs mois sur les brosses, tapis, couvertures et boiseries. En cas d'épisode confirmé, lavez le matériel textile à 60 °C quand c'est possible, trempez brosses et étrilles dans une solution antifongique vétérinaire, et désinfectez les parois du box après un nettoyage complet. Le matériel de pansage doit être strictement individuel en toutes circonstances : c'est la mesure de prévention la moins chère et la plus efficace de toute l'écurie.

Renforcer la peau de l'intérieur

Une peau saine se défend mieux. Les mycoses s'installent plus volontiers sur des chevaux fatigués, carencés ou stressés : une ration correcte en zinc, en cuivre et en acides gras essentiels (un fond d'huile de lin dans la ration, par exemple) soutient la barrière cutanée. Le pansage quotidien joue aussi un rôle de dépistage : des mains qui parcourent le corps du cheval chaque jour repèrent une dépilation naissante bien avant qu'elle ne s'étende. Enfin, évitez le lavage intégral trop fréquent au shampoing, qui décape le film protecteur naturel du poil et ouvre la porte aux indésirables.

Et si malgré tout la lésion s'étend, ne laissez pas traîner : une mycose banale se traite en quelques semaines, mais une dermite installée depuis des mois devient chronique, douloureuse et bien plus coûteuse à résoudre. La règle est simple : toute lésion cutanée qui progresse encore après dix jours de soins de base mérite un avis vétérinaire.

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