L'environnement du cheval est très propice au développement de champignons microscopiques, appelées moisissures, dont la plupart sont toxiques pour l'homme et les animaux. Il suffit parfois d'une très faible quantité pour déclencher des réactions allergiques ou pathologiques (mycoses) violentes, voir mortelles...
Petite Astuce :
Pour désinfecter vos brosses, vous pouvez mettre un peu de Bétadine dans un seau d'eau savonneuse, l'iode qu'elle contient est un antifongique puissant.
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Moisissures et Mycoses

L'environnement du cheval est très propice au développement de champignons microscopiques, appelées moisissures, dont la plupart sont toxiques pour l'homme et les animaux. Que ce soit dans les prairies humides, les écuries fermées, les hangars de stockage de céréales et fourrage mal aérées ou mal séchées, les aires de douche et de soins… il suffit parfois d'une très faible quantité pour déclencher des réactions allergiques ou pathologiques violentes, voir mortelles...

Foin Cheval sur Attention Chevaux

Elles sont présentes dans tous les milieux, mais se forment en présence d'humidité (et de chaleur) et peuvent vivre à l'état « végétatif » (sous forme de spores) pendant des années sans jamais qu'on soupçonne leur présence. On s'intéresse de plus en plus de nos jours à celles qui sont en « suspension » dans l'air, et qui sont ingérés par la respiration et provoquent des maladies respiratoires. Elles peuvent également être absorbés avec un nourriture moisie, même si elle paraît saine, ou par contact avec la peau.

Ces moisissures affectent le cheval et son entourage de plusieurs façons :
*par la sécrétion de substances (mycotoxines) très toxiques lorsqu'elles sont ingérées et dont nous avions paré dans un article précédent consacré aux parasites alimentaires
*par des propriétés très allergènes
*par la destruction des tissus qu'elles colonisent (mycoses)

Si les mycoses superficielles, comme la teigne, sont visibles et donc en général prises en charge rapidement, il en existe des internes dont on ne soupçonne pas toujours la présence, et dont les signes « extérieurs » (diarrhées, coliques, difficultés respiratoires…) apparaissent tardivement, quand la maladie est bien installée, et donc plus difficile voir impossible à soigner.

Les mycoses touchent en priorité les sujets « immunodéprimés », c'est à dire dont le système immunitaire est affaibli par une autre maladie, une fatigue extrême, une malnutrition… ce dont profite la mycose pour se développer (maladies dites « opportunistes »). Certaines carences en vitamines (B12) peuvent aider la maladie à se développer, tout comme les traitements à base de corticoïdes, d'antibiotiques, d'anti-tumoraux et d'immunosuppresseurs qui sont des facteurs très aggravants.

Mycoses superficielles
On regroupe sous cette terminologie les mycoses cutanées (sur la peau) et sous cutanées (à l'intérieur de la peau) .

Les mycoses cutanées, appelées « dermatomycoses », sont les plus fréquentes chez les chevaux, le représentant le plus connu étant la teigne. Bien que la peau constitue une barrière efficace contre la plupart des champignons, certains arrivent à s'y développer suite à une modification de la structure superficielle de la peau (mauvais état de santé, lésions…), à une inoculation au sein d'une blessure ou à l'apport par le sang d'une mycose plus profonde. Les agents des Mycoses Cutanées superficielles sont des champignons kératinolytiques (qui détruisent la kératine de la peau), des levures (Candida), ou des champignons filamenteux (aspergillus).

La contamination se fait d'individu à individu, par contact direct ou par l'intermédiaire de matériel souillé, ou par extension externe d'une mycose interne, à la limite entre peau et muqueuses par exemple. Si elles sont capables de se développer sur tout le corps, ces Mycoses Cutanées ont des zones de prédilection : zones peu aérées, facilement mouillées, plis de la peau. On trouve au niveau des jonctions peau/muqueuses les manifestations externes des mycoses internes (lèvres, paupières, naseaux, anus). La tête est particulièrement colonisée par les teignes.

Les teignes
Ce sont des champignons filamenteux également appelés « dermatophytes ». Les teignes sont très répandues, et très contagieuses. La transmission se fait par contact direct, ou par le matériel de pansage, le harnachement, les tapis de selle, la litière, les véhicules de transport, et même les poussières ambiantes transportant des spores. Les chevaux sains peuvent également transporter des spores dans leurs poils. Les désquamations des lésions et les poils/crins infectés gardent leur pouvoir infectant même après chute au sol (attention à la contamination des chiens et chats qui se baladent dans l'écurie).

Les teignes sécrètent une substance qui leur permet de « digérer » la kératine, élément constitutif des poils, de la peau, des crins, de la corne, raison pour laquelle les symptômes commencent par une dépilation et une désquamation. Elles vivent partout où est l'hôte, fréquente en milieu chaud et humide (écuries fermées en hiver). Mais elles peuvent également vivre plusieurs années dans les écuries (sous forme de spores), raison pour laquelle il faut désinfecter les locaux dans lesquels on découvre un cheval atteint.

Ce sont des parasites obligatoires, c'est à dire ne pouvant pas vivre en dehors de l'hôte infesté, transmissibles à l'homme (zoonose) et aux autres espèces d'animaux. C'est une maladie le plus souvent observée en hiver, lorsque les animaux sont en stabulation intérieure.

On distingue deux formes de teignes :
*les sèches (trichophytie equinum et microsporie equinum), localisées surtout à la tête et moitié supérieure de l'avant-main, qui commencent souvent aux points de frottements du harnachement ; l'inflammation est faible, on voit de petites touffes de poils hérissés, puis des poils cassés ou épilés en zones circulaires, mais pas de lésion profonde de la peau, pas de prurit.
*les suppurées, localisées surtout au niveau des naseaux, dont les lésions se multiplie ensuite sur les flancs, l'encolure, le dos. Plus rares (trichophytie mentagrophyte = herpès miliaire ou granuleux), elles provoquent une inflammation très violente de la peau, des lésions rouges suintantes, du prurit, l'apparition de croûtes purulentes en forme de macarons (kérion) de 5 à 6 cm de diamètre.

Il y a possibilité de guérison spontanée à partir du centre de la lésion, mais de nouvelles dépilations apparaissent ailleurs sur le corps, la guérison de la maladie ne se fait pas sans traitement. Elle se transmet par simple contact avec un objet infesté. Même en l'absence de maladie avérée, Il faut donc systématiquement que chaque cheval de l'écurie ait ses brosses/tapis de selle attitrés en permanence, lesquels doivent être lavés et désinfectés régulièrement : en effet, un animal peut être porteur de la maladie et contagieux sans en exprimer les symptômes, il peut donc contaminer toute l'écurie sans que l'on s'en rende compte. Dés l'apparition des signes de la maladie, il faut prendre des mesures d'hygiène drastiques.

Isoler un cheval infesté, nettoyer l'écurie et les véhicules de transport (certains utilisent de la lessive de soude), et le matériel dans une solution d'antifongique (faire tremper pendant 24h, ne pas laisser à la portée des enfants curieux ou des chiens assoiffés…) car sinon il y a des risques de réinfestation permanente du cheval guéri par son matériel souillé. On traite en général le cheval avec un shampoing ou un spray antifongique ; si on le tond il faut impérativement brûler les poils. Il faut également traiter tous les chevaux qui ont été en contact avec l'animal malade, même s'ils ne présentent pas de symptômes apparents.

Mycoses sous cutannées
Elles se logent dans l'épaisseur de la peau, mais les symptômes sont externes...

Levuroses
C'est un champignon très fréquemment transmis par les insectes piqueurs, dont les pièces buccales ont été contaminées en piquant un cheval malade, et qui l'inoculent ou le déposent sur les plaies des autres chevaux lors de leurs repas sanguins suivants. Elle est cantonnée aujourd'hui à l'Europe de l'Est, où subsistent des cas sporadiques. Elle a en principe disparue de l'Europe de l'ouest, mais il faut rester vigilent lorsque l'on transporte des chevaux vers/depuis ces contrées, où la contagion est maximum en été… Attention donc à ceux qui partent en compétition, en vacances, ou en randonnée dans les pays de l'Europe de l'Est… L'histoplasmose équine (histoplasma capsulatum farciminosum) s'attaque particulièrement à l'espèce équine (chevaux et mulets). Les spores peuvent subsister plusieurs mois en dehors ou à la surface du corps du cheval.

Très contagieuse (classée comme telle en France depuis 1986) et très infectieuse, cette infection, appelée spécifiquement « lymphangite épizootique des équidés (LEE) », s'attaque au réseau lymphatique superficiel du cheval ; elle se manifeste par des nodules et ganglions en « cordelette », qui suivent à la surface de la peau le trajet des vaisseaux lymphatiques sous cutanés. En parallèle, les membres s'engorgent, ils sont très volumineux, chauds et sensibles, aboutissant rapidement à une boiterie. L'état général est peu affecté, mais le travail du cheval est perturbé. Les symptômes sont très caractéristiques (chapelet de nodules) ; malheureusement, le traitement est long et difficile, mais sans traitement l'issue est fatale.

Le traitement préventif majeur passe par la lutte contre les insectes piqueurs, le soin attentif et systématique des plaies si petites soient elles, et par une hygiène parfaite du cheval, de son matériel et du personnel en cas de doute. Un vaccin est utilisé en Chine, où la maladie reste très présente. Enfin, la solution chirurgicale peut être prescrite, pour l'ablation des nodules et des vaisseaux lymphatiques atteints.

Si vous vous rendez dans un pays dans lequel sévit ou a sévi une épidémie, traitez systématiquement votre cheval pendant votre séjour et après le retour (et désinfectez votre matériel de transport, de harnachement et pansage) même s'il ne manifeste pas de symptômes de la maladie. Laissez le à l'écart de ses congénères pendant le temps que le vétérinaire vous conseillera.

Mycoses profondes
Ce sont celles qui colonisent les organes et tissus intrenes de l'organisme du cheval

Fusariose
C'est la plus fréquente des maladies provoquées par les moisissures des aliments. Elle est la conséquence de l'intoxication par la fumonisine des céréales : c'est une toxine produite par une moisissure (du genre fusarium) qui attaque particulièrement le maïs, mais aussi le sorgho, le millet, ainsi que les résidus végétaux du sol et les plantes fanées. La période de sporulation est de mai à septembre.

Les intoxications aux fumonisines peuvent déclencher 4 maladies, après ingestion de maïs sur une période d'au moins 1 à 2 semaines :
* la leucoencéphalomalacie équine : surtout dans le sud-ouest de la France. Troubles nerveux soudains (hyperexcitabilité, marche en cercle, anorexie, postures anormales, paralysie, parfois des coliques…), mort rapide (10 à 48h), précédée parfois de convulsions et état comateux. Survient après ingestion d'une dose très faible.
* l'hépatotoxicose : beaucoup plus rare, suite à l'ingestion de dose élevée de fumonisines. Caractérisée par une apathie, anorexie, constipation et lésions du foie constatées par la modification des marqueurs hépatiques.
* le syndrome duodénite/juvénite proximal : entérite catarrhale localisée dans le duodénum caractérisée par ileus paralytique, reflux gastrique intense (parfois hémorragie), coliques, hyperthermie, dépression intense, est une Inflammation possible du foie et des canaux biliaires.
* Enfin une forme oculaire provoquant une kératite peut être rencontrée chez le cheval.

Ces mycotoxines sont capables de résister aux processus de fabrication des sous-produits du maïs, y compris les granulés pour chevaux, et les aliments contaminés sont d'aspect tout à fait sains. Les résidus de fabrication, autrefois donnés aux éleveurs, sont particulièrement riches en toxines et doivent être systématiquement éliminés de l'alimentation. La gravité des lésions et la rapidité de l'évolution de l'intoxication rendent impossible un quelconque traitement. La seule solution reste une prévention passant par un dosage des fumonisines dans les aliments…

Candidose
Mycose qui se développe surtout dans le tube digestif, la bouche et les lèvres du poulain, provoquée par une moisissure appelée candida albicans. Elle est très souvent présente dans le milieu extérieur (origine tellurique) ou dans le tube digestif des mammifères, à l'état non pathogène, mais également dans les fruits et les légumes, et les litières souillées. On constate une prolifération de la maladie au printemps, pendant les périodes massives de naissances.

La forme buccale de cette candidose, également appelée muguet, provoque la formation d'une couche épaisse de substance crémeuse ou d'une deuxième peau sur les muqueuses de la bouche (langue, gencives, joue, palais, intérieur des lèvres). Le poulain est gêné pour s'alimenter… elle peut s'étendre à la surface de la peau au niveau des lèvres, à la jonction entre la peau et la muqueuse buccale. Il existe également une candidose du tube digestif, qui provoque oesophagite, gastrite, entérite… et peut être parfois associée à la forme buccale, laquelle doit toujours être considérée comme un signal d'appel. Cette localisation « digestive » est caractérisée par une dysphasie, anorexie, diarrhée, très rarement une perforation gastrique ou intestinale, voir une péritonite.

Les candidoses peuvent revêtir des formes plus complexes et plus rares que le muguet : Une candidose oculaire superficielle, touchant la conjonctive et la cornée, est parfois constatée chez le cheval. On parle alors de mycose oculaire. Une forme génitale peut survenir chez la jument, provoquant des affections de l'appareil génital dans son ensemble (vaginites, endométrites, mammites, avortement de la gestante). Enfin, exceptionnellement une candidose peut toucher les articulations en cas d'inoculation par blessure.

En premier lieu il faut supprimer les causes favorisantes, c'est à dire améliorer l'hygiène de la litière, qui doit rester propre et sèche, et être changée tous les jours.

Aspergillose
Mycose provoquée par un Champignon filamenteux (aspergillus), considéré comme très allergène pour l'homme, et qui provoque des pneumonies. C'est le résultat notamment de l'ingestion d'une alimentation ou litière moisie, puisqu'o n le retrouve un peu partout dans les organismes fermentés : paille, compost, fourrage, céréales, farines.

La manifestation principale chez les chevaux est l'aspergillose des poches gutturales des équidés (infection des sinus et des poches gutturales). Les symptômes sont situés au niveau de la tête : dysphasie, puis cornage, jetage avec hémorragies sévères, douleur parotidienne, paralysie faciale. La mort peut survenir par hémorragie après rupture de la carotide interne ou artère maxillaire, ou suite à la paralysie du pharynx. Dans de très rares cas il y a complication encéphalique (transmission de la mycose au cerveau par le sang). Il peut arriver que le cheval soit atteint d'une forme pulmonaire d'aspergillose (voies respiratoires profondes) (également appelé bronchomycose, pneumomycose aspergillaire) qui se manifeste par une toux chronique, un essoufflement, pas de jetage. Enfin, une aspergillose oculaire peut apparaître à la faveur d'un déséquilibre de la flore fongique habituellement présente dans les yeux, ou inoculée lors d'une blessure de l'œil.

Pénicilliose
Il peut arriver que le cheval développe une pénicilliose occulaire, due à la présence d'une forme habituellement banale dans le milieu extérieur, le penicillium (la moisissure du Roquefort).

Pneumocytose
Maladie pulmonaire due au développement de pneumocystis carinii dans les alvéoles pulmonaires des mammifères, dont le cheval. Cet agent responsable a des caractéristiques qui le classent à la fois dans les champignons et les protozoaires ; sa biologie est encore mal connue, et les traitements antifongiques stricts n'ont aucun effet sur la maladie… il semble que la voie d'infection soit aérienne, par inhalation, mais l'élément infectant est mal déterminé. Les Pur Sang Arabes, souffrant d'immunodéficience combinée sévère (SCID) d'origine héréditaire et spécifique à la race, et particulièrement les poulains, en sont les victimes principales chez les chevaux… les symptômes sont respiratoires, comme lors d'une pneumonie, avec fièvre, dyspnée, toux. La maladie peut être déclenchée par un traitement aux corticoïdes associé à une carence en vitamines. L'issue est généralement fatale, le traitement est difficile compte tenu de la mauvaise connaissance que l'on a de l'agent déclencheur…

S'il est difficile de lutter contre les mycoses une fois qu'elles sont apparues, il est plutôt rassurant de constater qu'une « simple » bonne hygiène, y compris alimentaire, peut permettre d'éviter leur développement…
Photos Cheval sur Attention Chevaux
Dernière Mise à jour le : 3 octobre, 2007
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